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qui nous ont quittés - Corentin Cloarec
Corentin CLOAREC (1894-1944)  | " Le 28 juin 1944, le R. P. Corentin CLOAREC tombait sous les balles allemandes. Le peuple de Paris l'a vénéré aussitôt comme un martyr de la France. Ces lignes voudraient relater brièvement la carrière du défunt, les circonstances de sa mort et perpétuer sa mémoire. Agé de 50 ans, le R. P. Corentin CLOAREC était né au pays du granit, le Finistère, en la paroisse Saint-Sauveur. Entré d'abord au Grand Séminaire de Quimper, il fit brillamment la guerre de 1914-1918. Combattant héroïque de la Somme et de Verdun, il fut fait prisonnier sur ce champ de bataille. Libéré en 1918, il reprenait ses études au Grand Séminaire. La soif d'idéal qui l'animait le poussait, en 1921, à solliciter son admission dans l'Ordre franciscain. Il recevait le sacerdoce en 1925, à Notre-Dame de Paris. Successivement Recteur du Petit Séminaire de Fontenay-sous-Bois, puis Supérieur des couvents de Saint-Brieuc et de Mons-en-Baroeul, il entrait au Conseil de sa Province religieuse en 1936 et devenait Vicaire du couvent de Paris. Infatigable prédicateur, religieux au coeur magnanime, il ne pouvait passer auprès d'une misère sans la soulager. Innombrables sont ceux qui ont bénéficié de sa charité. Son zèle s'exerçait surtout en faveur des Tertiaires de Saint-François, qui lui avaient voué une affection profonde. Mobilisé en 1940, il rejoignait le dépôt de Brest. Là, à l'approche des Allemands, il refusait de se laisser faire prisonnier et parvenait à se soustraire à l'ennemi. Son âme indomptable lui interdisait de se résigner à la défaite. Il était, lui aussi, convaincu que, si la France avait perdu une bataille, elle n'avait pas perdu la guerre. Rentré dans son couvent, il fut dès lors l'âme de tout un groupe de patriotes. Il les assistait de son ministère sacerdotal, les aidait de son amitié, animait leur courage, les conseillait et, au moment du danger, parvenait, à diverses reprises, à les dérober aux recherches des policiers de la Gestapo. Il n'en fallait pas davantage pour mettre ceux-ci sur ses traces. Le 28 juin, à midi, la police allemande se présentait au couvent de la rue Marie-Rose. Le Père Corentin, appelé hypocritement au parloir, y vint sans méfiance. Deux ou trois secondes après on entendit des coups de feu. Il avait été touché au ventre. Il réussissait cependant à se dégager et gagnait le cloître. Les policiers l'y poursuivirent, tirant à nouveau sur lui et l'atteignant dans le dos. Transporté dans une clinique voisine, il y expirait à 14 h 30, malgré les soins empressés dont il avait fait l'objet. En vrai disciple de l'Évangile, il avait, à diverses reprises, avant de mourir, affirmé qu'il pardonnait à ses meurtriers. Il avait aussi offert sa vie pour le pays et pour l'Église. La nouvelle de la mort du Père Corentin se répandit comme une trainée de poudre. La foule commença à défiler devant sa dépouille mortelle. Près de 30 000 personnes vinrent ainsi prier près de son corps et le couvrir de fleurs tricolores. Les obsèques, malgré la menace de représailles possibles, furent une apothéose : 6 000 personnes se pressaient au service religieux débordant jusque dans les rues avoisinant le couvent. Authentique fils de France, vrai prêtre du Christ, parfait disciple de saint François, le Père Corentin est pour chacun de nous un modèle. Que sa noble figure, fixée devant nos yeux, nous aide à remplir dignement les tâches que la France et l'Église nous confient aujourd'hui pour la reconstruction de la patrie. " |
Texte intégral, imprimé sur l'image souvenir peu de temps après l'évènement.
Date de création : 12/10/2007 * 23:48
Dernière modification : 12/10/2007 * 23:48
Catégorie : qui nous ont quittés
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