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« C’est la paix que je vous laisse »

Sixième dimanche de Pâques - C

« C’est la paix que je vous laisse, c’est ma paix que je vous donne.

Je ne vous la donne pas à la manière du monde »

Cette parole de Jésus, les chrétiens d’Antioche de Syrie en ont bien besoin. Leur communauté est traversée par des divisions qui paraissent insurmontables. De quoi s’agit-il ? Depuis les débuts de l’Eglise, la communauté d’Antioche est composée à la fois de croyants venus du judaïsme et de convertis venus du paganisme. La question qui se pose alors est la suivante : les païens lorsqu’ils se convertissent doivent-ils adopter les pratiques juives, notamment la circoncision et les prescriptions alimentaires ?

Au nom de leur fidélité à Dieu les chrétiens d’origine juive ne peuvent admettre à leur table des croyants non circoncis et qui en plus mangent de la viande non casher. La foi commune au Christ, loin de créer la communion, amène au contraire la division au sein des croyants.

         Cette querelle vous paraît lointaine et hors des préoccupations de nos communautés chrétiennes du début du troisième millénaire ? Il s’en dégage trois enjeux essentiels :

Premier enjeu : Faut-il viser l’uniformité ? Autrement dit unité rime-t-elle necessairement avec uniformité ? Pour vivre l’unité, la communion, faut-il avoir les mêmes idées, les mêmes rites, les mêmes pratiques ?

On aime bien, dans l’Eglise, employer des slogans tel que « Riches de nos différences », mais quand on est amené à expérimenter concrètement ces différences, cela devient beaucoup moins facile à vivre. Je pense à la difficulté qu’a posé le regroupement des paroisses dans mon diocèse d’origine. Il était impensable pour les chrétiens de ma paroisse de se regrouper avec la paroisse voisine, très populaire. « Nous n’avons rien en commun ! »

Qu’est-ce qui fonde notre unité ? Voilà bien la question centrale. Sommes-nous un club de copains qui nous confortons mutuellement dans nos idées et nos pratiques ? Y a-t-il une communion possible au-delà de nos différences ?

Et voici le deuxième enjeu. C’est une question de fidélité. Tous les chrétiens, de toutes origines, souhaitent rester fidèles à Jésus-Christ, c’est évident !… Mais concrétement, en quoi consiste la fidélité à Jésus-Christ ? C’est dans cette ville d’Antioche, meurtrie par les conflits que, pour la première fois, on donne aux adeptes de cette nouvelle religion le nom de chrétiens, ce qui veut dire « ceux du Christ, ceux qui appartiennent au Christ ». Et c’est justement là que va se poser la question : « être du Christ », en quoi cela consiste-t-il exactement ?

Pour y répondre, nous devons nous tourner vers l’Evangile de ce jour.  Que nous dit Jésus ? « Si quelqu’un m’aime, il restera fidèle à ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons chez lui, nous irons demeurer auprès de lui. »

Etre du Christ, ce n’est pas d’abord adhérer à une doctrine, ou adopter une série de comportements extérieurs. Etre du Christ, c’est se laisser habiter par lui, c’est faire de notre corps, de notre cœur, le tabernacle de sa présence. Si chacun de nous est si précieux, c’est qu’il porte en lui la présence réelle du Ressuscité.

Etre du Christ, c’est rester fidèle à sa parole. En quelques lignes, le mot parole revient plusieurs fois. Cette parole qu’il faut absolument garder, c’est le commandement d’amour : aimez-vous les uns les autres, ce qui revient à dire « mettez-vous au service les uns des autres ; et pour bien se faire comprendre, Jésus a lui-même donné un exemple très concret en lavant les pieds des disiples.

Enfin, troisième enjeu : le salut est-il donné par Dieu sans conditions, oui ou non ? Sommes-nous sauvés par nos propres actes ou par la seule foi en Dieu qui fait grâce ? Nous aimerions tellement nous en tirer tout seuls, n’avoir besoin de personne. Nous ne ferons jamais que répondre à l’amour de Dieu qui nous précède toujours.

         Je voudrais terminer en pointant la manière dont la communauté d’Antioche est sortie de ce conflit.

La première étape est de reconnaître qu’il y a conflit, le nommer et essayer d’en discerner les causes.

La deuxième étape est le recours à un tiers, un médiateur. Les chrétiens d’Antioche font appel aux Apôtres et aux Anciens de Jérusalem, l’Eglise mère.

Les chrétiens acceptent de ne pas se bricoler leur propre religion mais ils se mettent dans une attitude d’écoute et d’obéissance.

Les Anciens commencent par se mettre à l’écoute de l’Esprit Saint. Ils n’ont pas en eux-mêmes la réponse. Ils se mettent eux-aussi dans une attitude d’obéissance à l’Esprit. Et un des critères de discernement est l’unanimité de tous sur les conseils à donner.

La teneur du message peut se résumer ainsi : « La communion entre les personnes est plus importante que les pratiques extérieures. Oui, le Christ vous a libéré des observances tatillonnes, et en cela la circoncision est devenue inutile, mais si votre liberté nouvelle doit choquer d’autres croyants il vaut mieux, pour un temps, se conformer encore à leurs pratiques en ce qui concerne les prescriptions alimentaires. »

Ce qui est premier, c’est la communion, l’unité entre les personnes. Cette communion se construit dans l’amour, l’amour même du Christ qui fait en nous sa demeure.

Esprit Saint viens irriguer notre vie de la vie même du Christ Jésus. Par nous-mêmes, nous sommes incapables d’aimer. Fais de nous des artisans de communion et de réconciliation.

         Vienne l’Esprit de communion sur nos familles. Qu’elles puisent à la source de l’amour de Dieu le secret de leur unité, au-dela des crises et des incompréhensions.

         Vienne l’Esprit d’unité sur notre communauté. Qu’elle puise en Christ le ferment de sa communion, au-delà de ses différences.

         Vienne l’Esprit de paix sur les nations. Qu’il éclaire les chefs des nations et leur inspire des décisions dans le respect des personnes et des peuples.

         Vienne l’Esprit de force sur les personnes blessées : nos malades, ceux qui traversent des épreuves douloureuses. Qu’elles puissent trouver le soutien d’une personne attentive sur leur route.

« C’est la paix que je vous laisse »

Sixième dimanche de Pâques - C

« C’est la paix que je vous laisse, c’est ma paix que je vous donne.

Je ne vous la donne pas à la manière du monde »

Cette parole de Jésus, les chrétiens d’Antioche de Syrie en ont bien besoin. Leur communauté est traversée par des divisions qui paraissent insurmontables. De quoi s’agit-il ? Depuis les débuts de l’Eglise, la communauté d’Antioche est composée à la fois de croyants venus du judaïsme et de convertis venus du paganisme. La question qui se pose alors est la suivante : les païens lorsqu’ils se convertissent doivent-ils adopter les pratiques juives, notamment la circoncision et les prescriptions alimentaires ?

Au nom de leur fidélité à Dieu les chrétiens d’origine juive ne peuvent admettre à leur table des croyants non circoncis et qui en plus mangent de la viande non casher. La foi commune au Christ, loin de créer la communion, amène au contraire la division au sein des croyants.

         Cette querelle vous paraît lointaine et hors des préoccupations de nos communautés chrétiennes du début du troisième millénaire ? Il s’en dégage trois enjeux essentiels :

Premier enjeu : Faut-il viser l’uniformité ? Autrement dit unité rime-t-elle necessairement avec uniformité ? Pour vivre l’unité, la communion, faut-il avoir les mêmes idées, les mêmes rites, les mêmes pratiques ?

On aime bien, dans l’Eglise, employer des slogans tel que « Riches de nos différences », mais quand on est amené à expérimenter concrètement ces différences, cela devient beaucoup moins facile à vivre. Je pense à la difficulté qu’a posé le regroupement des paroisses dans mon diocèse d’origine. Il était impensable pour les chrétiens de ma paroisse de se regrouper avec la paroisse voisine, très populaire. « Nous n’avons rien en commun ! »

Qu’est-ce qui fonde notre unité ? Voilà bien la question centrale. Sommes-nous un club de copains qui nous confortons mutuellement dans nos idées et nos pratiques ? Y a-t-il une communion possible au-delà de nos différences ?

Et voici le deuxième enjeu. C’est une question de fidélité. Tous les chrétiens, de toutes origines, souhaitent rester fidèles à Jésus-Christ, c’est évident !… Mais concrétement, en quoi consiste la fidélité à Jésus-Christ ? C’est dans cette ville d’Antioche, meurtrie par les conflits que, pour la première fois, on donne aux adeptes de cette nouvelle religion le nom de chrétiens, ce qui veut dire « ceux du Christ, ceux qui appartiennent au Christ ». Et c’est justement là que va se poser la question : « être du Christ », en quoi cela consiste-t-il exactement ?

Pour y répondre, nous devons nous tourner vers l’Evangile de ce jour.  Que nous dit Jésus ? « Si quelqu’un m’aime, il restera fidèle à ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons chez lui, nous irons demeurer auprès de lui. »

Etre du Christ, ce n’est pas d’abord adhérer à une doctrine, ou adopter une série de comportements extérieurs. Etre du Christ, c’est se laisser habiter par lui, c’est faire de notre corps, de notre cœur, le tabernacle de sa présence. Si chacun de nous est si précieux, c’est qu’il porte en lui la présence réelle du Ressuscité.

Etre du Christ, c’est rester fidèle à sa parole. En quelques lignes, le mot parole revient plusieurs fois. Cette parole qu’il faut absolument garder, c’est le commandement d’amour : aimez-vous les uns les autres, ce qui revient à dire « mettez-vous au service les uns des autres ; et pour bien se faire comprendre, Jésus a lui-même donné un exemple très concret en lavant les pieds des disiples.

Enfin, troisième enjeu : le salut est-il donné par Dieu sans conditions, oui ou non ? Sommes-nous sauvés par nos propres actes ou par la seule foi en Dieu qui fait grâce ? Nous aimerions tellement nous en tirer tout seuls, n’avoir besoin de personne. Nous ne ferons jamais que répondre à l’amour de Dieu qui nous précède toujours.

         Je voudrais terminer en pointant la manière dont la communauté d’Antioche est sortie de ce conflit.

La première étape est de reconnaître qu’il y a conflit, le nommer et essayer d’en discerner les causes.

La deuxième étape est le recours à un tiers, un médiateur. Les chrétiens d’Antioche font appel aux Apôtres et aux Anciens de Jérusalem, l’Eglise mère.

Les chrétiens acceptent de ne pas se bricoler leur propre religion mais ils se mettent dans une attitude d’écoute et d’obéissance.

Les Anciens commencent par se mettre à l’écoute de l’Esprit Saint. Ils n’ont pas en eux-mêmes la réponse. Ils se mettent eux-aussi dans une attitude d’obéissance à l’Esprit. Et un des critères de discernement est l’unanimité de tous sur les conseils à donner.

La teneur du message peut se résumer ainsi : « La communion entre les personnes est plus importante que les pratiques extérieures. Oui, le Christ vous a libéré des observances tatillonnes, et en cela la circoncision est devenue inutile, mais si votre liberté nouvelle doit choquer d’autres croyants il vaut mieux, pour un temps, se conformer encore à leurs pratiques en ce qui concerne les prescriptions alimentaires. »

Ce qui est premier, c’est la communion, l’unité entre les personnes. Cette communion se construit dans l’amour, l’amour même du Christ qui fait en nous sa demeure.

Esprit Saint viens irriguer notre vie de la vie même du Christ Jésus. Par nous-mêmes, nous sommes incapables d’aimer. Fais de nous des artisans de communion et de réconciliation.

         Vienne l’Esprit de communion sur nos familles. Qu’elles puisent à la source de l’amour de Dieu le secret de leur unité, au-dela des crises et des incompréhensions.

         Vienne l’Esprit d’unité sur notre communauté. Qu’elle puise en Christ le ferment de sa communion, au-delà de ses différences.

         Vienne l’Esprit de paix sur les nations. Qu’il éclaire les chefs des nations et leur inspire des décisions dans le respect des personnes et des peuples.

         Vienne l’Esprit de force sur les personnes blessées : nos malades, ceux qui traversent des épreuves douloureuses. Qu’elles puissent trouver le soutien d’une personne attentive sur leur route.

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Date de création : 01/05/2016 * 14:46
Catégorie : - Homélies
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Thèmes spirituels
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télécopie : 01 40 52 12 90
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de 8 h 45 à 11 h 45 et
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de 7 h 30 à 12 h 30
de 14 h 45 à 19 h 30.

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12 h : messe communautaire
18 h 30 : prière silencieuse
19 h : vêpres
DIMANCHE messe à 10 h 30

location des salles

Descriptif

Salle Duns Scot

80 m2, jusqu'à 40 personnes. Une salle agréable, d'accès immédiat puisque située au rez-de-chaussée.

Petites salles de réunion

Egalement au rez-de-chaussée, 4 petites salles conviviales pour 4 à 8 personnes.

Salle Saint-Antoine de Padoue

de 100 à 300 m2, avec une scène (jusqu'à 200 places).

Une salle moderne, en sous-sol, avec une vaste scène, un rideau électrique. Une puissante sono, avec micros fixes et sans-fil. Connection internet haut-débit, vidéo-projecteur. L'éclairage permet de diviser la salle en différentes zones, et distingue la scène de la salle. Une salle donc spécialement adaptée aux conférences.

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Toutes les réservations se font par écrit après accord du frère responsable,

pour tout contact : salles@franciscains-paris.org

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